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CR de la rencontre du 8 octobre
PROCHAINE REUNION DE TRAVAIL : MERCREDI 19/10 A 18H, A L’ASSEMBLEE NATIONALE.
CR de la première réunion de l’atelier « Un monde dangereux ? Alternatives aux régressions autoritaires ».
1) Synthèse des discussions
L’objet de cet atelier est, dans le but de préparer les auditions des candidats potentiels aux élections présidentielles de 2007, de réfléchir à la manière dont est actuellement adressée la dialectique sécurité/liberté dans le discours politique, afin de démonter le paradigme sécuritaire. L’une des méthodes proposées est d’envisager ensemble, et non de manière cloisonnée comme cela se fait le plus couvent, les menaces politiques, environnementales, sanitaires, technologiques… Et d’envisager la question des effets restrictifs sur les libertés publiques des politiques sécuritaires dans son articulation entre niveaux local, national, européen et international. Il s’agit aussi, sur le plan global, de reposer la question du droit en tant que tel, et des inégalités de l’accès aux droits.
Des discussions du 08/10, il ressort que :
- Sur le discours sécuritaire : Pour Gus Massiah (Ipam) l’on s’affronte à la fois à un cadre institutionnel et à un climat idéologique (notion de « sécurité » exclusivement abordée sous l’angle de l’insécurité civile et non sociale, tolérance 0…). Les militantes du Gisti (Violaine Carrere et Claire Rodier) insistent sur la question particulière que constitue le fait que le discours sur l’immigration repose sur des représentations fondamentalement erronées, des fausses croyances, qui concourent à faire de l’immigration « un problème ». Qu’il faut interroger les candidats sur leur représentation de l’immigration. Qu’il faut aussi les faire s’interroger sur ce qu’est une société qui se pense en guerre contre des migrants présentés comme des « assaillants » et des « clandestins ».
- Contre le discours sécuritaire, un angle d’attaque est d’insister sur l’inefficacité du discours répressif. Pour Aida Chouk (Syndicat de la magistrature), la justice étant aujourd’hui un instrument de la politique sécuritaire, il importe par exemple de réaffirmer l’indépendance de la justice vis-à-vis des pouvoirs politiques. Mais elle constate qu’aussi affûtés les argumentaires anti-sécuritaires soient-ils, il semble aujourd’hui ne plus parvenir à convaincre. Il faut en passer par l’émotionnel, les sentiments. C’est aussi ce que défend Patrick Viveret, dans le but de mettre à mal les racines du populisme, qui commence quand les victimes se retournent contre plus victimes qu’elles. Il s’interroge sur comment sortir de la culture de la peur. P. Tartakowski (LDH) cite l’exemple du Réseau éducation sans frontières, qui a réussi à créer une prise de conscience politique collective à partir de cas d’expulsions d’élèves sans papiers qui ont choqué enseignants et parents d’élèves. Il faut selon lui provoquer un moment de pédagogie démocratique, d’éducation populaire : à partir d’un choc émotionnel, faire de la politique Les auditions peuvent servir à créer ce type de choc émotionnel.
- Il faut prendre en garde à ne pas quitter la question des inégalités sociales.
- Sur la démocratie : l’on connaît aujourd’hui un moment historique d’interrogations sur ce qu’est une démocratie. Il importe de réinscrire dans le débat qu’il est possible de faire de la politique, qu’il n’y a pas de fatalité au discours de l’impuissance. Et qu’il faut être clair sur les outils dont on souhaite doter cette démocratie. Pierre Tartakowski propose donc d’interroger les auditionnés sur leur rapport au principe démocratique : considèrent-ils qu’il est aujourd’hui nécessaire de l’entailler au nom de la lutte contre l’insécurité, ou au contraire qu’il faut produire de nouveaux droits ? Il faut aussi s’interroger sur l’espace et le niveau de vigilance citoyenne souhaitable contre les risques sanitaires et autres.
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- Méthode : Gus Massiah (IPAM) propose de travailler en suivant une double méthode : dresser la liste des textes (lois, décrets…) à abroger, et dire par quoi les remplacer. Interpeller les candidats est un moyen de leur dire que l’on (mouvements, électeurs) sera vigilants sur ces questions. Mais, explique Violaine Carrère, les auditions ne doivent pas servir à choisir un ou des candidats. C’est un moment de questionnement et de confrontation.
2) Proposition d’ordre du jour de la réunion du 19/10
Mise en commun des analyses de chacun concernant les points précédemment évoqués sur le sécuritaire : fonctionnement de la justice, politiques migratoires, politique du chiffre, failles de la contre-expertise, mobilisations citoyennes, bavures policières, insécurité alimentaire… quels sont les « pierres de touche » des politiques sécuritaires, les lieux et espaces où s’exercent les régressions autoritaires ? Quelles sont les contre-propositions à leur opposer ?