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dernière édition il y a 3 ans par manager

Texte d'introduction au travail de l'atelier (préparé par Patrick Viveret avant la réunion du 8 octobre)


Un monde dangereux ? construire des alternatives aux régressions autoritaires

L’objet de ce texte est de prolonger les quelques lignes de la charte concernant les enjeux mondiaux afin de préciser la perspective de « l’humanisme radical pleinement ouvert à l’enjeu écologique »

Rappel charte

La charte de l’initiative « Voter Y »  s’ancre dans  les valeurs d’un humanisme radical, pleinement ouvert à l’enjeu écologique.  

Cette exigence est d’autant plus fondamentale que l’humanité vit un moment critique de son histoire, où les logiques de guerre sous toutes ses formes (économiques, culturelles, sociales, militaires ou religieuses) combinées à des régressions écologiques provoquent des régressions majeures dans l’ordre social, culturel et démocratique. 

Faire vivre ces valeurs et ne pas se contenter de les proclamer fait de nous des « veilleurs d’humanité », disposés à exercer en permanence notre vigilance, notre capacité de résistance individuelle et collective, notre force de proposition, partout où des droits humains fondamentaux sont bafoués, les droits culturels sont niés, où la fraternité humaine est trahie.

Proposition de texte en vue du débat du 8 octobre



Nous vivons un moment critique de l’histoire où l’humanité est confrontée à trois rendez vous majeurs où se joue son avenir :

  • celui de son propre habitat écologique à travers, notamment, les risques climatiques ;
  • celui du cocktail explosif que constituent le couple de la misère et de l’humiliation d’une part, du terrorisme et des armes de destruction massive de l’autre ;
  • celui de l’alternative entre guerre ou dialogue de civilisations.

Le thème de l’insécurité internationale ou interne aux états sert aujourd’hui de vecteur à des régressions autoritaires de plus en plus dangereuses pour les droits et  les libertés tant individuelles que collectives. Il ne s’agit certes pas de nier les dangers auxquels est confrontée l’humanité mais au contraire d’en mesurer la nature et l’ampleur pour mieux les combattre en en traitant les causes là où les logiques sécuritaires et autoritaires constituent des répliques superficielles et le plus souvent  contre-.productives aux risques , tels le terrorisme, qu’elles prétendent combattre.

En outre il nous faut considérer que l’un des risques majeurs que court aujourd’hui l’humanité est écologique et qu’il est directement lié à un mode de croissance productiviste désormais insoutenable. C’est en ce sens qu’un nouvel humanisme, à la différence de celui issu de la Renaissance et des Lumières ne peut faire l’impasse sur l’ampleur de enjeux écologiques

Pour ne citer que l’un de ces défis, le réchauffement du climat, si nous n’avons plus la possibilité, du fait de nos aveuglements antérieurs, d’empêcher un réchauffement de l’ordre de 2° d’ici la fin du siècle, il est de notre responsabilité d’éviter qu’il avoisine ou dépasse les 6° ce qui constituerait un bouleversement aux conséquences incalculables dans tous les domaines de la vie humaine.

Le changement radical de nos modes de production, de consommation et de vie n’est plus un sujet de colloque mais une nécessité vitale pour cet homo si peu sapiens qu’il a réussi, en deux siècles de productivisme forcené, à épuiser des ressources écologiques qui ont pris des millions d’années à se former et à dérégler des écosystèmes pourtant vitaux pour sa survie.

Le deuxième défi , celui du cocktail explosif de l’humiliation et de la misère est directement lié aux logiques de guerre économiques. Il s’exprime par l’ampleur des inégalités qu’expriment crûment les chiffres officiels des Nations Unies. Un monde où la fortune de 3 personnes physiques égale le PIB des 48 pays les plus pauvres est un monde dangereux. Un monde où l’on n’arrive pas à trouver les cinquante milliards de dollars supplémentaires nécessaires à l’éradication de la faim, l’accès à l’eau potable et aux soins de base mais où on en trouve chaque année deux mille milliards pour la guerre, l’économie des stupéfiants et la publicité est un monde dangereux. Un monde où les medias présentent quotidiennement le spectacle d’une abondance superflue quand deux milliards d’êtres humains vivent avec moins de deux dollars par jour est un monde dangereux. Un tel monde fait en effet le lit de tous les fanatismes qui proposent aux perdants de la guerre économique de prendre leur revanche dans des guerres identitaires d’autant plus cruelles qu’elles peuvent désormais recourir à des armes de destruction massive.

Ces logiques de guerre économique sont générées par une forme de capitalisme de plus en plus autoritaire. Ce capitalisme autoritaire peut prendre des formes diverses : Il n’est pas limité aux seuls Etats Unis, même si la réélection de Georges Bush a mis en évidence, avec une particulière intensité, la dangerosité d’une alliance culturellement fort proche des intégrismes qu’il prétend combattre. On le voit tout autant en Chine où il s’exprime par le compromis trouvé par la nomenklatura du régime entre le maintien de la dictature du parti communiste et un ultra-libéralisme économique. On le retrouve en Russie, où il se manifeste par un retour à un régime despotique qui nourrit la guerre et le terrorisme pour mieux justifier sa propre dérive autoritaire.

Le troisième défi , celui d’une alternative entre guerre ou dialogues de civilisations pose la question de la construction pluriculturelle et ascendante d’une citoyenneté terrienne faisant de l’humanité un sujet positif, et politique, de sa propre histoire.

L’humanité a besoin de paix, de coopération et d’intelligence collective pour faire face à ces défis. Elle doit organiser l’autodéfense contre tous ceux, quelque soient leurs fonctions et leurs motivations, qui cherchent à imposer la guerre, la compétition généralisée et des régressions inacceptables dans l’ordre de l’intelligence et de la culture. Dans cette perspective la bataille pour les droits humains constitue un enjeu essentiel  tant pour préserver ceux déjà acquis et aujourd’hui menacés que pour faire advenir des droits et des responsabilités nouvelles en lien avec la nécessité pour l’humanité de se constituer en sujet politique de sa propre histoire (enjeu d’une citoyenneté mondiale articulée avec les droits des peuples)  de préserver sa demeure écologique (citoyenneté écologique) et de donner un contenu effectif aux droits sociaux et culturels. (voir le texte de Mireille Mendès France sur ce point)

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